Un petit village d’Ardèche, un CFA à taille humaine, et tout à coup, les plus grands noms de la pâtisserie française qui s’y donnent rendez-vous. Le Championnat de France du Dessert 2026 à Lanas, ce n’est pas juste un concours. C’est une scène où se jouent des rêves, des carrières… et quelques desserts à l’assiette absolument inoubliables.
Qu’est-ce que le Championnat de France du Dessert, exactement ?
Le Championnat de France du Dessert est l’un des concours les plus respectés dans le monde de la pâtisserie. Il se concentre sur un seul exercice, très exigeant : le dessert à l’assiette, comme au restaurant gastronomique.
Chaque année, des finales régionales sont organisées dans toute la France. Les lauréats se retrouvent ensuite pour une grande finale nationale où un seul titre est en jeu : celui de meilleur dessert à l’assiette de France. Le niveau technique est immense. La créativité attendue est tout aussi élevée.
Pour les jeunes comme pour les professionnels, participer à ce concours, c’est un peu comme jouer une finale de coupe du monde, mais avec du chocolat, des agrumes et des assiettes dressées au millimètre.
Lanas 2026 : pourquoi cette édition est si spéciale
En 2026, la finale régionale Sud-Est a lieu au CFA André Fargier à Lanas, en Ardèche. Un centre de formation modeste par sa taille, mais ambitieux par ses projets. Accueillir cette épreuve, c’est une vraie reconnaissance pour l’établissement et pour tout le territoire.
Pendant une journée, Lanas devient le cœur battant de la pâtisserie de restaurant. Des chefs, des formateurs, des apprentis, des producteurs, des curieux. Tout le monde se retrouve autour d’un même plaisir : le dessert travaillé comme une œuvre d’art, mais qui doit rester gourmand, lisible, compris au premier coup de cuillère.
Un jury d’exception avec François Josse en président
Pour juger ces créations, il fallait un jury solide. À Lanas, la présidence est confiée à François Josse, une figure incontournable de la pâtisserie française.
Il a remporté le Championnat de France du Dessert en 2018. Il a aussi remporté l’émission “La Meilleure Boulangerie de France” en 2025. Autant dire qu’il connaît parfaitement la pression d’un concours et l’exigence d’un dessert d’exception.
À ses côtés, on retrouve notamment Paul Marcon et d’autres professionnels reconnus. Leur rôle : évaluer la technique, la cuisson, les textures, le goût, mais aussi l’originalité, la lisibilité du dessert et son équilibre global. Une assiette peut être très belle, mais si elle manque d’âme, le jury le sent immédiatement.
Une journée en deux temps : juniors le matin, pros l’après-midi
Le 11 février 2026 à Lanas se déroule comme un véritable marathon sucré. La journée est divisée en deux grandes parties, avec deux catégories bien distinctes.
La finale Junior : la relève déjà au rendez-vous
Le matin est réservé aux juniors : élèves, apprentis, jeunes pâtissiers en formation. Ils doivent réaliser un dessert à l’assiette complet, créatif, techniquement maîtrisé.
Le défi est immense. Gestion du temps, stress, dressage, cuisson au bon moment. Devant eux, un jury prestigieux, des caméras parfois, des professeurs qui les observent en silence. Pourtant, certains parviennent à transformer cette pression en énergie créative.
En 2026, le vainqueur junior de la région Sud-Est est Baptiste Loyau, originaire de Marguerittes (30), avec un dessert au titre très poétique : “Lumière d’agrumes, huître en souffle marin”. Un mariage audacieux entre la fraîcheur des agrumes et une touche iodée. Une assiette qui montre que la nouvelle génération n’a pas peur de sortir des codes classiques.
La finale Professionnels : la pâtisserie de restaurant à son sommet
L’après-midi, place aux professionnels. Pâtissiers de restaurant, chefs pâtissiers d’établissements gastronomiques, profils très expérimentés. Le niveau monte encore d’un cran.
Parmi les candidates, on retrouve par exemple Helen Carrion Troya, cheffe pâtissière du restaurant étoilé Likoké aux Vans, en Ardèche. Sa présence illustre bien l’importance que prend la pâtisserie de restaurant dans la région.
La lauréate professionnelle de cette édition Sud-Est est Emma Baudouin, du Château de Berne à Flayosc (83), avec un dessert intriguant intitulé “Souvenirs caramélisés d’embruns”. Là encore, l’évocation de la mer, du vent, du caramel. Un dessert qui raconte une histoire, comme une madeleine de Proust salée-sucrée.
Cap sur Gérardmer : la grande finale nationale 2026
Les vainqueurs de Lanas ne s’arrêtent pas là. Leur victoire régionale leur ouvre les portes de la finale nationale du Championnat de France du Dessert.
En 2026, celle-ci est programmée à Gérardmer, les 18 et 19 mars. Deux jours de concours, encore plus de pression, encore plus de précision. Les candidats doivent souvent réaliser plusieurs desserts, parfois en série, avec un niveau de rigueur quasi militaire.
Pour les finalistes, c’est l’occasion de se mesurer aux meilleurs de toutes les régions de France. Mais aussi de se faire repérer par des chefs, des maisons prestigieuses, des médias spécialisés. Une véritable rampe de lancement.
L’essor de la pâtisserie de restaurant : bien plus qu’un dessert
Ce championnat met un coup de projecteur sur une discipline parfois moins médiatisée que la pâtisserie de boutique : la pâtisserie de restaurant. Ici, le dessert doit s’inscrire dans un menu, respecter une saison, un style de cuisine, une identité de chef.
Le dessert à l’assiette est un art d’équilibre. Il doit être :
- Technique : cuissons précises, maîtrises des textures, jeux de températures
- Lisible : le client doit comprendre ce qu’il mange dès la première bouchée
- Créatif : une histoire, un souvenir, un paysage parfois
- Gourmand : malgré tout, le plaisir reste la priorité
À Lanas, on le voit bien : les candidats n’hésitent pas à marier agrumes et huître, mer et caramel, parfum iodé et douceur sucrée. Ce sont des choix assumés, presque narratifs. On ne sert plus seulement un dessert, on partage une émotion.
Une fierté pour Lanas et pour l’Ardèche
Pour le CFA André Fargier, accueillir cette finale régionale est une vraie consécration. L’établissement, souvent perçu comme un “petit” CFA, prouve qu’il peut organiser un événement de niveau national.
Pour les apprentis du CFA, voir passer de tels chefs, des jurés renommés, des candidats brillants, c’est extrêmement motivant. Ils se projettent. Ils se disent : “Pourquoi pas moi dans quelques années ?”
Pour l’Ardèche, c’est aussi une vitrine. Le département se distingue déjà par ses produits : châtaignes, fruits, vins, fromages, herbes sauvages. Y associer une pâtisserie de haut niveau renforce encore l’image gastronomique du territoire.
Envie de vous inspirer ? Une idée de dessert à l’assiette simplifié
Évidemment, reproduire un dessert de concours chez soi, ce n’est pas simple. Mais vous pouvez vous inspirer de l’esprit de Lanas avec un dessert à l’assiette accessible, qui joue sur les agrumes et une touche saline légère.
Dessert “Éclat d’agrumes” façon maison
Pour 4 personnes :
- 2 oranges bio
- 2 citrons jaunes bio
- 1 citron vert bio
- 120 g de sucre
- 20 cl de crème liquide entière bien froide
- 2 yaourts nature (2 x 125 g)
- 40 g de beurre
- 60 g de biscuits sablés émiettés
- 1 pincée de fleur de sel
- Zestes fins d’agrumes pour la finition
Étapes de préparation
- Râpez finement le zeste d’une orange et d’un citron. Pressez toutes les oranges et les citrons.
- Dans une casserole, faites chauffer 80 g de sucre avec 12 cl de jus d’agrumes et les zestes. Ajoutez le beurre en morceaux. Fouettez jusqu’à ce que le mélange épaississe légèrement. Laissez refroidir : vous obtenez une crème aux agrumes.
- Montez la crème liquide en chantilly avec 20 g de sucre. Incorporez délicatement les yaourts. Réservez au frais.
- Mélangez les biscuits émiettés avec la fleur de sel et 20 g de sucre. Répartissez-les en fine couche au fond de chaque assiette.
- Ajoutez une quenelle ou une belle cuillère de crème yaourt-chantilly sur le crumble. Nappez partiellement avec la crème aux agrumes.
- Terminez avec quelques suprêmes d’orange, un filet de jus de citron vert, et quelques zestes frais.
Vous obtenez un dessert à l’assiette rafraîchissant, simple, mais déjà très proche de l’esprit du concours : des textures qui se répondent, un contraste sucré-acide, une touche saline discrète pour réveiller le tout.
Pourquoi suivre la prochaine édition de Lanas… ou y participer
Si vous êtes en formation, si vous travaillez en restaurant ou si vous êtes simplement passionné de dessert, surveiller les prochaines éditions du Championnat de France du Dessert peut vraiment vous inspirer.
Vous y découvrez les tendances, les associations de goûts, les dressages du moment. Vous voyez aussi que derrière une assiette parfaitement lisse, il y a des heures de travail, d’échecs, d’essais, de doutes.
Et qui sait, un jour, ce sera peut-être votre nom que l’on annoncera comme lauréat, quelque part entre Lanas, Gérardmer et d’autres villes de France. En attendant, cette édition 2026 en Ardèche restera comme un moment fort où un petit CFA a prouvé qu’il pouvait accueillir la grande histoire du dessert à la française.










